AU PALMARÈS           SPECTACLES            OPÉRA-THÉÂTRE-CINÉMA          EN TRÈS BREF

La chanteuse différente

Quelques indices de parcours

Renée Claude chante les émotions avec une intensité peu commune. Elle passe à travers le temps et les modes, en prenant le meilleur du temps et des modes, mais en restant profondément elle-même. Car elle a une personnalité, une qualité d'interprétation et un style qui ne se démodent pas, mais qui évoluent selon les tendances contemporaines.

Artiste tout à la fois de la scène, du disque et de la télévision, ce qui n'est pas courant en cette époque, elle commence sa carrière en 1959, en interprétant avec sensibilité et mordant les grands auteurs français : Brassens et Ferré surtout. La chanson Ton visage, que lui donne Jean-Pierre Ferland la même année, en fait la première interprète d'auteurs québécois, particularité qui deviendra sa marque de commerce, sa signature. D'ailleurs son premier microsillon, paru en 1961, ne comporte qu'une seule chanson française (à laquelle elle tient : Vingt ans, de Ferré). Le reste du disque contient une brochette de chansons québécoises faisant partie du répertoire que Renée Claude n'a pas tardé à se constituer. Car ses dons d'interprète rallient les auteurs-compositeurs qui lui proposent leurs œuvres, sachant qu'elles vont êtres rendues à leur maximum.

Très tôt donc, Renée Claude devient l'ambassadrice de la chanson québécoise qu'elle va défendre dans son pays, mais aussi à l'étranger, principalement dans des galas d'envergure et dans des festivals internationaux (entre autres, le Festival de Sopot en Pologne en 1966, les Olympiades de la chanson à Athènes en 1970, le Festival de la chanson de Caracas en 1972, le Festival de Spa en Belgique en 1974, le Festival de la chanson de Saint-Malo, en 1988, les Journées internationales Georges Brassens, à Sète, en 1989).

Le public, séduit par son image d'amoureuse moderne et sensuelle, adopte spontanément cette belle femme qui a une manière très personnelle d'empoigner une chanson et d'en extraire toute la substance. Renée Claude sait manier le frisson comme pas une.

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Renée Claude au palmarès  

En 1969, deux chansons écrites pour elle par Stéphane Venne, avec qui elle travaille depuis quelques années, la propulsent au palmarès : C'est notre fête aujourd'hui et Le Tour de la terre. Elle est ainsi la première chanteuse à atteindre les meilleures positions du palmarès avec du matériel québécois original. Tout en assumant cette reconnaissance populaire qui augmente considérablement son public, Renée Claude ne délaisse pas la chanson à texte, et construit des spectacles où celle-ci occupe une place de choix entre les succès que ses admirateurs réclament. Renée Claude vit des années fastes où les contrats affluent, où les disques s'arrachent. En 1970, le microsillon C'est le début d'un temps nouveau (la chanson-titre devient une sorte d'hymne que l'on brandit à diverses occasions, surtout... politiques) marque des records de vente. Elle lance des super 45 tours en France, est invitée à l'Exposition universelle d'Osaka (au Japon), s'engage dans des tournées à travers le Canada, sillonne le Québec tout entier, va chanter deux années de suite dans plusieurs villes de Russie, etc. Les succès se succèdent, elle reçoit des prix, participe à toutes les émissions prestigieuses, le public l'acclame. En 1971, La Rue de la Montagne est no 1 sur tous les palmarès.

L'année suivante, étape primordiale dans sa carrière : elle fait la rencontre du parolier Luc Plamondon, qui va lui écrire des chansons mémorables (Nelligan, Le monde est fou, Comme tous les matins...). Fin du cycle Stéphane Venne, la période Plamondon va lui ouvrir des nouvelles voies et se traduire par un autre défilé de chansons à succès, dont Ce soir je fais l'amour avec toi et Un gars comme toi. Plusieurs spectacles à déploiement, dans des grandes salles, soutiennent cette période fructueuse. Renée Claude est de tous les grands événements. Sa réussite commerciale ne l'a pas changée : elle demeure l'interprète vibrante soucieuse de bien livrer une chanson, de l'amener jusqu'au ras du cœur du spectateur. Mais elle a plus d'assurance, plus d'expérience.

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Deux spectacles-hommages incomparables

En 1980, Renée Claude étrenne un spectacle admirable qui va chambouler la critique et le public, qui découvrent un aspect qu'elle n'a pas eu souvent l'occasion de dévoiler sur scène : l'humour, la dérision même. « Moi c'est Clémence que j'aime le mieux », un hommage ardent à l'univers de Clémence Desrochers (chansons, monologues et poèmes), obtient un triomphe sans précédent et fait le tour de la province plus d'une fois, se promène dans les différentes Maisons de la culture et va même jusqu'au Centre culturel canadien à Paris. Il y a encore aujourd'hui des demandes pour ce spectacle magique, fin et drôle, que Renée Claude reprend toujours avec un réel plaisir.

C'est en 1981 qu'elle crée « Georges Brassens, j'ai rendez-vous avec vous », un spectacle consacré aux chansons de celui qu'elle admire depuis toujours, au merveilleux « pornographe », au brillant poète, au magnifique philosophe : Georges Brassens. Partout où il est présenté, le spectacle recueille des commentaires élogieux. La critique souligne l'intelligence de l'interprétation de Renée Claude, la beauté de sa voix, l'excellent choix de chansons au programme. Toujours disponible, ce spectacle est toujours autant couru par le public ; qu'il soit fidèle de Brassens ou néophyte, il plonge toujours avec ravissement dans cet univers riche de résonances exploré par Renée Claude. À Paris, au Centre culturel canadien, fin octobre 1987, « Georges Brassens j'ai rendez-vous avec vous » a reçu un accueil sans réserve qui a bien récompensé le travail de Renée Claude. « Voix chaude, gestes sobres, quand Renée Claude chante Brassens, on est conquis. » (Pierre Gallais, Paroles et musique, décembre 1987)

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Opéra, théâtre et cinéma  

En 1986, Renée Claude lance un seizième microsillon comportant des chansons aux couleurs actuelles signées Marc Desjardins mises en musique par plusieurs compositeurs, dont Germain Gauthier, responsable de quelques grands succès de la chanteuse. Entre un show-concept Partenaires dans le crime qu'elle donne en compagnie de Claude Léveillée et les deux spectacles-hommages (à Clémence et à Brassens) qu'on lui redemande sans cesse, Renée Claude trouve le temps de se bâtir un tour de chant témoignant de son évolution : il se compose de quelques titres de son dernier microsillon, de chansons qu'elle aime et, bien sûr, des classiques qui l'identifient auprès du public.

En 1990, sous la direction d'André Brassard, elle interprète le rôle de Robertine Barry, alias Françoise, dans l'opéra de Michel Tremblay-André Gagnon : Nelligan, production de l'Opéra de Montréal couronnée de succès (une captation télé et un disque en prolongent les effets). Sa prestation lui mérite des éloges de la critique. Au printemps 1991, elle joue son premier rôle essentiellement théâtral : à la salle Fred-Barry, elle est l'une des quatre interprètes de Tu faisais comme un appel de Marthe Mercure. La presse applaudit la qualité de son jeu.

En octobre 1991, elle redonne à la Butte Saint-Jacques à guichets fermés « Georges Brassens : j'ai rendez-vous avec vous », spectacle qu'elle reprend encore devant des salles combles à La Licorne, en février 1992. Le succès est tel qu'on annonce des représentations supplémentaires fin avril-début mai. Entre-temps, en décembre 1991, Renée Claude est invitée à participer, à Paris (au Casino de Paris) et à Milan, aux célébrations soulignant le 10e anniversaire de la mort de Brassens. 

Puis Renée Claude retrouve le metteur en scène de Nelligan, André Brassard, qui la dirige dans la nouvelle pièce de Michel Tremblay, Marcel poursuivi par les chiens, à l'affiche du Théâtre du Nouveau Monde à l'été 1992.

En mai 1993, paraît enfin « Georges Brassens, j'ai rendez-vous avec vous » (Interdisc), un disque compact regroupant dix-sept chansons du grand Georges. La critique approuve. 

À l'été 1993, elle met sur orbite « On a marché sur l'amour », un spectacle consacré à Léo Ferré. Les grands thèmes du poète (décédé quelques jours avant la première) y sont explorés : l'amour, la mort, l'anarchie, la solitude. Le spectacle tient l'affiche cinq semaines au Café de la Place des Arts, à Montréal, et trois semaines au Théâtre le Petit Champlain, à Québec. Retour du spectacle « amélioré » (entre autres grâce à la présence du pianiste Philippe Noireaut) à Montréal en 1994 : Renée Claude affiche « complet » à La Licorne avant d'accorder une série de représentations supplémentaires, en décembre, au Théâtre de Quat'Sous. Le spectacle continue de se promener ici et là à travers le Québec. Parallèlement à ses prestations sur scène, Renée Claude défend le rôle d'Angèle dans le téléroman Triplex de Christian Fournier à Télévision Quatre Saisons. 

En avril 1996, elle reçoit, à Paris, l'un des Prix Charles-Cros pour son album Ferré. Cet honneur survient juste avant une mini-tournée effectuée en mai en France, en Suisse et en Italie. Début 1997, Renée Claude retourne à Paris, au Loup du Faubourg, pour présenter pendant deux semaines On a marché sur l'amour. La même année, elle interprète le rôle de Mme Touchette dans Laura Cadieux, le film à succès de Denise Filiatrault.

En 1998, elle présente son spectacle Ferré au Théâtre de la Pépinière-Opéra, à Paris, ainsi qu'en Yougoslavie. En 1999, la chanteuse effectue, toujours avec le répertoire de Ferré dans ses bagages, une tournée en France, en Suisse, en Italie et en Russie. En 2000, l'Italie la rappelle et, en 2001, c'est la Russie qui souhaite l'entendre à nouveau, cette fois avec son spectacle consacré à Georges Brassens. En 2001, elle incarne, pour le compte du réalisateur Jean-Claude Lord, le rôle de la grand-mère dans Station-Nord Ho! Ho! Ho!

En 2002, elle est invitée à Miami pour y donner le spectacle Brassens.

En 2004, Brassens est à nouveau repris à Washington.

En 2005, c'est au tour du spectacle Ferré de voyager à New-York et à Washington.

Renée Claude est faite pour durer. Après dix-sept microsillons, une foule de 45 tours, des nouveaux enregistrements sur DC en hommages à Brassens et à Ferré et quelques autres ré éditions sur DC, après des milliers de spectacles et un nombre incalculable d'émissions de radio et de télévision, Renée Claude chante avec la même passion, la même ferveur. Orfèvre de la subtilité, capable d'émotion et d'humour, douée pour la ballade et le rythme, elle sait prendre le public par les « bons sentiments ».                                                                                       

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Renée Claude en très bref

1959 :     débuts professionnels

1961 :     premier microsillon

1969 :     « C’est notre fête aujourd’hui », de Stéphane Venne

1970 :     « C’est le début d’un temps nouveau », de Stéphane Venne

1972 :     début de la collaboration avec Luc Plamondon (« Ce soir, je fais l’amour avec toi,

               « Un gars comme toi », etc. )

1980 :     « Moi c’est Clémence que j’aime le mieux » (spectacle)

1981 :     « Georges Brassens, j’ai rendez-vous avec vous » ( spectacle)

1990 :     Françoise dans « Nelligan », de Michel Tremblay et André Gagnon

1992 :     « Marcel poursuivi par les chiens », de Michel Tremblay

1993 :     parution de l’album DC« Georges Brassens, j’ai rendez-vous avec vous »

               « On a marché sur l’amour », spectacle consacré à Léo Ferré

1994 :     parution de l’album DC« Léo Ferré, on à marché sur l’amour » 

1996 :     Prix Charles-Cros, à Paris, pour l’album « On a marché sur l’amour »

1997 :     Mme Touchette dans « Laura Cadieux », film de Denise Filiatrault

1998 :     Lancement de la compilation  2DC « C’était le début d’un temps nouveau »

2002 :     Ré édition de l’album DC « Moi c’est Clémence que j’aime le mieux »

2006 :     Ré édition de l’intégral de toutes les chansons de Luc Plamondon interprétées par 2006 :     Renée Claude sur un double DC

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Copyright 2006-2013 - Les disques Transit - Renée Claude

Réalisation : Michel Allaire